Critique de film: Age of Ondra (Reel Rock 13)

Cet article fait partie d’une série de résumés/critiques des films présentés lors du Reel Rock 13. Attention, spoilers! Pour le chapitre précédent, c’est ici

Age of Ondra

Voilà un film tournant autour de cette question qu’on est beaucoup à e poser : pourquoi Adam Ondra est-il si fort ? Quel est son secret ?

D’abord, ce film retrace avec quelques touches d’humour la carrière du jeune Ondra, et son envie innée d’arriver au bout de tout défi qu’il lui est présenté : enfant, il lui arrivait d’être visiblement déçu d’une première place en compétition…s’il n’avait pas réussi à gravir la totalité des voies proposées ! On apprend aussi que ses colères épiques lors d’un essai raté sont en quelque sorte la « masculinisation » de ses crises de larmes d’avant l’adolescence.

Qbz1c7kCArrivés à l’âge adulte, on découvre un grimpeur acharné à l’entrainement, soucieux du moindre détail, capable d’expérimenter en consultant entre autres un vieux professeur de ballet et peu sensible aux pressions extérieures. Il fait tout ce qu’il juge nécessaire pour atteindre son but, même si cela implique des importants investissements matériels (notamment pour Silence 9c), ou un certain ridicule lors d’une séance de visualisation. Quand les conditions météo ne sont pas optimales, il est capable de décevoir une foule de spectateurs venus à la falaise pour assister à son show, en remettant un essai flash  à une date ultérieure.  La visualisation et le flash, justement, sont les thèmes principaux de la dernière moitié du film, qui suit les tentatives de la machine Tchèque de réaliser le 1er 9a+ dans ce style au monde. Ondra est impressionnant non seulement par sa capacité de stocker de façon instantanée l’information relative aux prises et mouvements, mais surtout dans sa façon de la traiter : avant un essai, il peu mimer au sol chaque séquence pendant des jours, son kiné lui servant de « simulateur de rocher » (à un moment, on voit le kiné qui reproduit avec es doigts la forme d’une prise. « Plus petit » lui dit Adam, qui a uniquement vu cette prise en vidéo). Après une tentative avortée en Espagne et une zipette fatale au Canada, c’est en France, à St Léger du Ventoux, entre Face Est et Praniania, qu’Ondra atteint ce dernier objectif. Après avoir torturé Gérome Pouvreau et Quentin Chastagnier de questions sur la voie, et passé deux jours à la visualiser, le résultat est bluffant : c’était au 95% comme prévu, chaque prise me donnait exactement le ressenti attendu. Même si je n’avais jamais touché les prises auparavant, j’avais l’étrange sensation d’avoir essayé la voie plusieurs fois…

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Donc, en résumant : une longue pratique depuis l’enfance, l’envie de réussir vraiment, une attention obsessionnelle pour le détail, aucune économie dans le temps ni dans les moyens matériels investis, une grande ouverture d’esprit…Le secret de la réussite d’Adam Ondra c’est qu’il n’y a pas de secret ? 😉

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